Les relations publiques au Québec obéissent à des codes qui leur sont propres. Le paysage médiatique francophone, la culture de proximité entre les organisations et les communautés, le rôle central de Montréal et Québec comme pôles d'information, et la coexistence des marchés francophone et anglophone créent un environnement unique en Amérique du Nord.
Ce guide s'adresse aux responsables de communication, aux dirigeants de PME, aux gestionnaires d'organismes et à toute personne qui veut comprendre comment obtenir une couverture médiatique au Québec. Il est rédigé par des professionnels issus du milieu journalistique — nous avons été de l'autre côté du communiqué pendant des années avant de passer du côté de la diffusion.
Pour les bases de la rédaction et de la distribution de communiqués, consultez notre guide de rédaction et notre guide de la diffusion au Québec.
Qu'est-ce que les relations publiques?
Les relations publiques — souvent abrégées RP — sont l'ensemble des stratégies et actions de communication qu'une organisation utilise pour gérer sa réputation, informer ses publics et entretenir des liens de confiance avec les parties prenantes qui influencent sa réussite.
Les RP ne se limitent pas aux relations avec les médias. Elles englobent plusieurs disciplines complémentaires.
Les relations médias sont le volet le plus visible des RP. Elles couvrent tout ce qui concerne les interactions avec les journalistes: la rédaction et la diffusion de communiqués de presse, l'organisation de conférences de presse, la gestion des demandes d'entrevue, le suivi des retombées médiatiques et la gestion proactive de la présence médiatique de l'organisation.
Les affaires publiques concernent les relations avec les gouvernements, les organismes réglementaires et les décideurs publics. Au Québec, les affaires publiques incluent souvent le suivi des travaux de l'Assemblée nationale, les consultations publiques, les mémoires présentés en commission parlementaire et le dialogue avec les élus municipaux et provinciaux.
La communication de crise est la capacité à gérer la communication d'une organisation en situation difficile: rappel de produit, incident de sécurité, scandale, catastrophe naturelle, poursuite judiciaire. La communication de crise exige une préparation en amont et une réponse rapide et transparente.
La communication interne vise les employés et les parties prenantes internes de l'organisation. Elle est souvent sous-estimée mais joue un rôle fondamental dans la cohérence du message — si vos employés n'ont pas l'information, ils ne peuvent pas être vos ambassadeurs.
La gestion de la réputation en ligne englobe la surveillance et la gestion de la présence de l'organisation sur le Web et les réseaux sociaux, les réponses aux avis et commentaires, et la stratégie de contenu numérique.
Les relations communautaires concernent les liens entre l'organisation et la communauté locale: commandites, implication sociale, partenariats avec des organismes locaux, programmes de bénévolat corporatif.
Pour les besoins de ce guide, nous nous concentrons principalement sur les relations médias — la discipline qui a le lien le plus direct avec la diffusion de communiqués de presse et l'obtention d'une couverture médiatique.
Le paysage des relations publiques au Québec en 2026
Le Québec possède un écosystème de relations publiques mature et distinct du reste du Canada. Comprendre cet écosystème est indispensable pour quiconque veut y naviguer efficacement.
Un marché francophone autonome. Le Québec francophone fonctionne comme un marché médiatique largement indépendant du Canada anglophone. Les salles de rédaction de Radio-Canada, La Presse, Le Devoir, Le Journal de Montréal, TVA Nouvelles et Noovo Info couvrent l'actualité québécoise avec leurs propres priorités, leurs propres journalistes et leurs propres critères de sélection. Une stratégie RP qui fonctionne au Canada anglophone ne fonctionne pas nécessairement au Québec — le ton, les références culturelles et les attentes sont différents.
Une culture de proximité. Le Québec est un marché relativement petit où les acteurs se connaissent. Le journaliste qui couvre votre secteur aujourd'hui vous recroisera dans six mois. L'attaché de presse qui vous aide cette année sera peut-être votre collègue l'année prochaine. Cette proximité a un avantage: il est plus facile de bâtir des relations durables avec les médias. Elle a aussi un risque: une erreur ou un manque de professionnalisme marque rapidement votre réputation dans un milieu où tout le monde se parle.
La transformation numérique des médias. Les médias québécois ont connu une transformation profonde depuis 2010. La Presse est passée au tout numérique. Les hebdomadaires régionaux se sont consolidés. Les pure players numériques (Pivot, L'actualité, Noovo Info) occupent une place croissante. Les podcasts et les créateurs de contenu sur YouTube, Instagram et TikTok jouent un rôle d'amplification que les médias traditionnels reconnaissent de plus en plus. Une stratégie RP en 2026 ne peut plus se limiter aux seuls médias traditionnels.
Les agences RP québécoises. Le Québec compte un réseau d'agences de relations publiques de toutes tailles. Les grandes agences internationales (Edelman, Weber Shandwick, FleishmanHillard) ont des bureaux à Montréal. Les agences québécoises (NATIONAL, Casacom, Massy Forget Langlois, TACT Intelligence-conseil, Morin Relations Publiques, Beaudoin Relations Publiques) offrent une expertise locale et une connaissance fine du marché. Des consultants indépendants et des micro-agences complètent l'offre pour les budgets plus modestes.
Comment fonctionnent les salles de rédaction au Québec
Pour réussir en relations publiques, il faut comprendre comment fonctionne l'autre côté — la salle de rédaction. Voici ce que notre équipe d'anciens journalistes peut vous dire sur la réalité quotidienne des médias québécois.
La réunion de contenu du matin. La plupart des salles de rédaction tiennent une réunion éditoriale le matin, généralement entre 9h00 et 10h00. C'est à cette réunion que se décident les sujets qui seront couverts dans la journée. Les journalistes et chefs de pupitre y présentent les sujets potentiels — incluant les communiqués de presse reçus qui leur semblent intéressants. Un communiqué reçu avant 9h00 a de meilleures chances d'être mentionné à cette réunion qu'un communiqué reçu à 15h00.
Le filtre éditorial. Les journalistes ne sont pas au service des organisations qui envoient des communiqués. Leur mission est d'informer le public. Pour qu'un communiqué passe le filtre éditorial, il doit contenir une nouvelle d'intérêt public — pas une autopromotion. Le critère fondamental est simple: est-ce que cette information intéresserait nos lecteurs/auditeurs/téléspectateurs même s'ils n'ont aucun lien avec l'organisation émettrice? Si la réponse est oui, le communiqué a une chance. Si la réponse est non, il ira directement à la corbeille.
Les beats (secteurs). Dans les grands médias, les journalistes sont assignés à des secteurs (beats): politique provinciale, politique municipale, justice et affaires criminelles, santé, éducation, économie et affaires, environnement, culture, sports, faits divers. Un communiqué a plus de chances d'être traité s'il est envoyé au journaliste qui couvre le secteur pertinent plutôt qu'à l'adresse générale de la salle de rédaction. Dans les médias régionaux, un seul journaliste couvre souvent plusieurs secteurs — l'approche est alors plus généraliste.
Les contraintes de temps et d'espace. Les journalistes travaillent sous pression constante. Ils ont des deadlines serrés, un nombre limité de sujets à couvrir par jour et un espace rédactionnel fini. Votre communiqué est en compétition avec tous les autres sujets du jour — incluant l'actualité imprévue qui peut reléguer votre nouvelle au second plan. La concision et la clarté de votre communiqué ne sont pas un luxe — ce sont des nécessités pratiques pour un journaliste qui doit évaluer 50 à 200 communiqués par jour.
Les médias régionaux fonctionnent différemment. Dans un hebdomadaire régional ou une station de radio communautaire, l'équipe rédactionnelle est plus petite (parfois une seule personne), les critères de sélection sont différents (l'intérêt local prime) et les journalistes sont souvent plus accessibles et plus réceptifs aux communications des organisations locales. Ne sous-estimez jamais les médias régionaux — leur lectorat est engagé et fidèle, et une couverture dans un média local peut avoir un impact direct sur votre communauté.
Comment établir des relations avec les journalistes québécois
Les relations médias durables se construisent sur la confiance, le respect mutuel et la pertinence. Voici les principes qui guident les organisations qui réussissent le mieux dans leurs relations avec les médias au Québec.
Comprenez leur métier avant de les solliciter
Avant de contacter un journaliste, lisez ses articles récents. Comprenez quel secteur il couvre, quel angle il privilégie, quel ton il utilise. Un pitch qui montre que vous avez lu le travail du journaliste aura infiniment plus d'impact qu'un envoi de masse impersonnel.
Offrez de l'information, pas de la publicité
Les journalistes recherchent des faits, des données, des experts et des histoires d'intérêt public. Ils ne recherchent pas des arguments de vente. Positionnez-vous comme une source d'information fiable plutôt que comme un promoteur de vos produits ou services. Si un journaliste vous appelle pour un sujet qui touche votre secteur, répondez rapidement et honnêtement — même si la nouvelle n'est pas directement liée à votre organisation. Vous deviendrez une source de confiance pour les prochains articles.
Respectez leur temps
Les journalistes sont débordés. Quand vous les contactez, allez droit au but. Un courriel de pitch devrait faire 3 à 5 phrases maximum: la nouvelle, pourquoi c'est pertinent pour leur audience, et ce que vous pouvez offrir (entrevue, données, visuels). Un suivi téléphonique est approprié pour les nouvelles importantes, mais un seul appel suffit — le harcèlement téléphonique est le moyen le plus rapide de se faire blacklister.
Soyez disponible quand ils ont besoin de vous
Les journalistes travaillent à des heures irrégulières et ont des deadlines serrés. Si un journaliste vous appelle à 17h30 pour un article qui paraît le lendemain matin, la pire réponse est « rappelez-moi demain ». La meilleure réponse est de lui donner l'information dont il a besoin dans l'heure. Cette disponibilité se récompense par une relation de confiance et une couverture favorable.
Ne demandez jamais de voir l'article avant publication
C'est l'un des faux pas les plus courants en relations médias au Québec. Demander à un journaliste de vous soumettre son article pour approbation avant publication est perçu comme une atteinte à son indépendance éditoriale. Vous pouvez lui demander de vérifier les faits ou les citations — c'est une pratique acceptée. Mais lui demander un droit de regard sur l'article est un signal que vous ne comprenez pas son métier.
Acceptez que la couverture ne sera pas toujours à votre goût
Le journaliste a le droit — et le devoir — de présenter l'information de manière équilibrée, ce qui peut inclure des perspectives que vous n'aimez pas. Si un article est factuellement inexact, signalez-le poliment et fournissez les corrections avec preuves. Si l'article est simplement présenté d'un angle que vous n'aviez pas anticipé, acceptez-le. Contester un article pour des raisons de perspective plutôt que d'exactitude nuit à votre relation avec le journaliste et le média.
Entretenez la relation au-delà des communiqués
Les meilleures relations médias ne sont pas transactionnelles. Félicitez un journaliste pour un bon article (sans flatterie excessive). Proposez-lui un sujet qui ne concerne pas directement votre organisation mais que vous savez pertinent pour son beat. Invitez-le à visiter vos installations ou à rencontrer votre équipe sans caméra. Les relations humaines authentiques se construisent sur le long terme.
Les 8 outils essentiels des relations publiques
Chaque outil sert un objectif différent. La clé est de choisir le bon outil au bon moment.
1. Le communiqué de presse
Le communiqué reste l'outil fondamental des relations médias. Il annonce une nouvelle factuelle d'intérêt public dans un format standardisé reconnu par les salles de rédaction. Il est utilisé pour les nominations, les lancements, les investissements, les événements, les résultats financiers, les partenariats, les rappels et toute autre annonce formelle.
Quand l'utiliser: quand vous avez une nouvelle factuelle à annoncer. Consultez: notre guide complet de rédaction et nos exemples annotés.
2. La conférence de presse
La conférence de presse est un événement organisé pour présenter une nouvelle majeure directement aux journalistes, avec la possibilité de poser des questions et de réaliser des entrevues. Elle est justifiée pour les annonces d'envergure qui nécessitent des explications, des démonstrations ou la présence de plusieurs porte-parole.
Quand l'utiliser: pour les annonces majeures qui méritent une interaction directe avec les médias — investissements importants, lancements significatifs, réponses à une crise. N'organisez pas de conférence de presse pour une nouvelle qui peut être communiquée par communiqué — les journalistes n'apprécient pas de se déplacer pour rien.
3. L'avis aux médias (media advisory)
L'avis aux médias est un court document qui invite les journalistes à un événement ou à une occasion de couverture. Il ne contient pas la nouvelle elle-même — il indique le quoi, le quand, le où et le pourquoi de la présence médiatique. Il est envoyé 2 à 5 jours avant l'événement.
Quand l'utiliser: pour inviter les médias à couvrir un événement — inauguration, manifestation, conférence de presse, visite officielle.
4. Le dossier de presse (press kit)
Le dossier de presse est un ensemble de documents qui fournissent aux journalistes toute l'information de fond sur votre organisation ou votre sujet: le communiqué de presse, une fiche d'information (fact sheet), des biographies des porte-parole, des photos haute résolution, des vidéos, des statistiques clés et des citations préapprouvées.
Quand l'utiliser: pour les lancements majeurs, les ouvertures, les événements importants ou quand un journaliste a besoin de contexte approfondi pour rédiger un long article.
5. Le pitch (proposition de sujet)
Le pitch est une communication ciblée envoyée à un journaliste spécifique pour lui proposer un angle de couverture. Contrairement au communiqué qui annonce un fait, le pitch propose une histoire. Il est personnalisé pour chaque journaliste et tient en 3 à 5 phrases.
Quand l'utiliser: quand vous avez une histoire intéressante qui n'est pas un fait ponctuel — un profil, une tendance, un angle humain, un accès exclusif. Le pitch est particulièrement efficace pour les reportages longs, les magazines et les émissions d'affaires publiques.
6. L'entrevue avec les médias
L'entrevue est le moment où votre porte-parole interagit directement avec un journaliste — en personne, par téléphone ou en visioconférence. C'est l'occasion de transmettre vos messages clés, de mettre un visage humain sur votre organisation et de fournir des citations utilisables.
Quand l'utiliser: chaque fois qu'un journaliste le demande — et proactivement quand votre sujet s'y prête. Préparez vos porte-parole avec 3 messages clés maximum et entraînez-les à répondre aux questions difficiles. Le média training est un investissement qui paie à long terme.
7. Les réseaux sociaux
Les réseaux sociaux ne remplacent pas les médias traditionnels mais les complètent. Ils permettent de diffuser votre message directement à votre public, d'amplifier la couverture médiatique obtenue et de dialoguer avec votre communauté. Les journalistes utilisent eux-mêmes les réseaux sociaux pour trouver des sujets et des sources — votre présence active peut attirer leur attention.
Quand les utiliser: en continu, pas seulement quand vous avez un communiqué à diffuser. Une présence sociale régulière et pertinente renforce votre crédibilité.
8. La veille médiatique
La veille médiatique consiste à surveiller systématiquement ce que les médias disent de votre organisation, de votre secteur et de vos enjeux. Elle permet de détecter les opportunités de couverture, de réagir rapidement aux mentions négatives et de mesurer l'impact de vos actions RP.
Quand l'utiliser: en continu. Les outils vont de Google Alerts (gratuit) à Meltwater et Cision Monitoring (professionnels).
Stratégie RP pour les PME et organismes à petit budget
Les relations publiques ne sont pas réservées aux grandes entreprises avec des budgets de communication à six chiffres. Voici une stratégie RP réaliste pour les PME et les organismes québécois qui veulent obtenir une couverture médiatique sans se ruiner.
Identifiez vos 3 à 5 médias cibles. Plutôt que de viser tous les médias, identifiez les 3 à 5 médias les plus pertinents pour votre organisation. Pour une PME de Sherbrooke, ce sera probablement La Tribune, Radio-Canada Estrie, la radio locale et peut-être Les Affaires si votre nouvelle a un angle économique. Concentrez vos efforts sur ces médias.
Diffusez 4 à 6 communiqués par an. Pas besoin de communiquer chaque semaine. Identifiez les 4 à 6 moments de l'année où votre organisation a une vraie nouvelle à annoncer: résultats annuels, lancement d'un nouveau service, embauche importante, événement, distinction, partenariat. Chaque communiqué diffusé via le plan PPN Publication (99$) ou PPN Diffusion (249$) vous donne une visibilité professionnelle sans nécessiter de mandat d'agence.
Devenez une source pour les journalistes. Identifiez les sujets sur lesquels votre dirigeant ou votre expert interne peut commenter. Si vous êtes un entrepreneur en construction et que les médias couvrent la pénurie de main-d'œuvre, proposez-vous comme source. Si vous êtes un restaurateur et que les médias parlent de l'inflation alimentaire, offrez votre perspective. Être cité comme expert dans un article vaut souvent plus qu'un communiqué.
Utilisez les réseaux sociaux comme amplificateur. Partagez la couverture médiatique que vous obtenez sur vos réseaux sociaux. Interagissez avec les journalistes locaux sur Twitter/X et LinkedIn. Commentez intelligemment les sujets de votre secteur. Cette présence numérique vous rend visible aux yeux des journalistes qui suivent votre secteur.
Construisez un dossier de presse en ligne. Créez une section « Médias » ou « Salle de presse » sur votre site Web avec votre boilerplate, les coordonnées de votre personne-ressource, des photos haute résolution de vos dirigeants et de vos installations, et les liens vers vos communiqués précédents (publiés sur PPN Source). Un journaliste qui s'intéresse à votre organisation ira chercher cette information sur votre site avant de vous appeler.
Budget annuel estimé pour cette stratégie: 6 communiqués via PPN Source (6 × 249$ = 1 494$) ou avec un mix de plans (4 × PPN Diffusion à 249$ + 2 × PPN Publication à 99$ = 1 194$). C'est le coût d'une visibilité médiatique professionnelle pour une année complète — moins que le prix d'un seul communiqué via Cision/CNW.
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La communication de crise au Québec
Chaque organisation fera face à une crise un jour ou l'autre. La différence entre une crise bien gérée et un désastre de réputation se joue dans la préparation et dans la rapidité de la réponse.
Préparez-vous avant la crise. Identifiez les scénarios de crise les plus probables pour votre organisation. Préparez des messages clés pour chaque scénario. Désignez un porte-parole formé au média training. Constituez une cellule de crise avec les rôles clairement définis. Ayez un modèle de communiqué de crise prêt à être adapté. Maintenez les coordonnées de votre service de distribution à jour — en situation de crise, chaque minute compte.
Les 4 principes de la communication de crise au Québec
Premier principe — la rapidité. Au Québec, le cycle de nouvelles est de 24 heures mais les réseaux sociaux sont en temps réel. Si vous ne communiquez pas dans les premières heures, quelqu'un d'autre contrôlera le récit. Un premier communiqué factuel diffusé dans les 2 heures suivant l'événement — même incomplet — est préférable au silence.
Deuxième principe — la transparence. Le public québécois et les médias québécois ont une très faible tolérance pour l'opacité. Dire « nous enquêtons et nous vous informerons dès que possible » est acceptable. Dire « sans commentaire » est catastrophique. Minimiser ou nier un problème avéré est suicidaire pour la réputation.
Troisième principe — l'empathie. Avant de défendre votre organisation, reconnaissez l'impact sur les personnes touchées. Un dirigeant qui commence par « notre priorité est la sécurité de nos clients » avant d'expliquer les mesures prises sera perçu positivement. Un dirigeant qui commence par « nos procédures sont conformes aux normes » sera perçu comme froid et défensif.
Quatrième principe — la cohérence. Un seul porte-parole, un seul message, sur tous les canaux. Les contradictions entre le communiqué, l'entrevue et les publications sur les réseaux sociaux détruisent la crédibilité instantanément.
Pour un exemple concret de communiqué de crise bien structuré, consultez l'exemple #7 (rappel de produit) dans notre guide des exemples de communiqués réussis.
Le rôle du numérique dans les RP modernes
Les relations publiques en 2026 ne se limitent plus au communiqué de presse et au coup de fil au journaliste. Le numérique a transformé chaque aspect de la discipline.
Le référencement (SEO) est devenu un outil RP. Un communiqué publié en ligne et indexé sur les moteurs de recherche continue de travailler pour votre réputation longtemps après sa diffusion. Quand un journaliste ou un client potentiel cherche votre organisation sur Google, les communiqués bien optimisés apparaissent dans les résultats. PPN Source optimise chaque communiqué pour le référencement — mots-clics, méta descriptions, indexation — et les publie pendant 365 jours sur son portail.
Les réseaux sociaux sont un canal RP à part entière. La diffusion d'un communiqué sur les réseaux sociaux (X, LinkedIn, Facebook, Bluesky) permet de rejoindre directement le public, les journalistes et les influenceurs sans passer par le filtre éditorial des médias. Le plan PPN Diffusion inclut le partage sur 6 plateformes sociales.
Le contenu éducatif construit l'autorité. Les organisations qui publient régulièrement du contenu de qualité — articles de fond, guides, études, billets de blogue — se positionnent comme des références dans leur secteur. Les journalistes consultent ces contenus quand ils préparent un article sur le sujet. Un centre de ressources bien garni est un investissement RP à long terme.
Les podcasts et les créateurs de contenu offrent de nouvelles opportunités. Être invité sur un podcast spécialisé ou collaborer avec un créateur de contenu peut avoir un impact comparable à une couverture dans un média traditionnel, selon l'audience. Ces canaux sont souvent plus accessibles que les grands médias et offrent un format long qui permet d'approfondir votre message.
Les citations dans les outils d'intelligence artificielle gagnent en importance. Les assistants IA comme ChatGPT, Perplexity et Gemini citent de plus en plus des sources dans leurs réponses. Être référencé par ces outils devient un nouvel enjeu de visibilité. Le contenu structuré, factuel et bien référencé a les meilleures chances d'être cité.
Les associations et ressources RP au Québec
Le Québec dispose de plusieurs organisations qui structurent la profession des relations publiques et offrent des ressources aux praticiens.
La Société québécoise des professionnels en relations publiques (SQPRP) est l'association professionnelle qui regroupe les praticiens RP au Québec. Elle offre des formations, des événements de réseautage, un code de déontologie et les prix d'excellence en relations publiques. L'agrément de la SQPRP (ARP) est une reconnaissance professionnelle valorisée dans le milieu.
La Société canadienne des relations publiques (SCRP/CPRS) est l'homologue canadien de la SQPRP, avec des sections dans chaque province. Elle offre la désignation APR (Accredited in Public Relations).
La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) n'est pas une association RP, mais sa compréhension est essentielle pour quiconque travaille en relations médias. La FPJQ publie un guide de déontologie et un répertoire des journalistes, organise le Congrès annuel de la FPJQ et défend la liberté de presse.
Le Conseil de presse du Québec est un organisme d'autorégulation qui traite les plaintes du public concernant les médias. Comprendre ses décisions et ses principes aide à saisir les normes éthiques qui guident le journalisme québécois.
Formations disponibles: Plusieurs universités québécoises offrent des programmes en communication et relations publiques, notamment l'Université de Montréal (baccalauréat en communication), l'UQAM (baccalauréat en communication, maîtrise en communication), l'Université Laval (baccalauréat en communication publique), l'Université de Sherbrooke (maîtrise en communication) et Concordia (communication studies). Des formations professionnelles courtes sont offertes par la SQPRP, l'IABC et des organisations privées.
Les erreurs de relations publiques les plus coûteuses
Ces erreurs sont celles que nous observons le plus fréquemment — et celles qui ont les conséquences les plus durables sur la réputation et les relations avec les médias.
Traiter les médias comme un service de publicité gratuit
Les médias ne sont pas là pour promouvoir votre organisation. Ils sont là pour informer le public. Chaque communication envoyée aux médias doit contenir une information d'intérêt public. Les communiqués promotionnels sans valeur informative nuisent à votre crédibilité et entraînent le journaliste à ignorer vos envois futurs.
Mentir ou cacher de l'information
C'est l'erreur fatale. Un mensonge découvert par un journaliste détruit votre crédibilité de manière permanente — non seulement avec ce journaliste, mais avec l'ensemble du milieu médiatique. Au Québec, le milieu est suffisamment petit pour que la nouvelle circule rapidement. La transparence est toujours la meilleure stratégie, même quand la vérité est inconfortable.
Harceler les journalistes
Un envoi de communiqué suivi d'un courriel de relance est normal. Un envoi suivi de trois appels téléphoniques, deux courriels et un message LinkedIn en 48 heures est du harcèlement. Les journalistes blacklistent rapidement les sources insistantes.
Réagir émotivement à une couverture défavorable
Appeler un rédacteur en chef pour se plaindre d'un article factuel mais déplaisant est contre-productif. Écrire une lettre ouverte agressive en réponse à un reportage attire davantage l'attention sur la nouvelle négative. La meilleure réponse à une couverture défavorable est souvent de ne pas réagir publiquement, sauf si l'article contient des erreurs factuelles que vous pouvez documenter.
Ignorer les médias régionaux
Beaucoup d'organisations concentrent leurs efforts sur La Presse, Radio-Canada et TVA — et ignorent complètement les médias régionaux. Les médias locaux sont souvent plus accessibles, plus réceptifs et ont un impact direct sur votre communauté. Une couverture dans La Tribune de Sherbrooke vaut souvent plus qu'un silence dans La Presse.
Ne pas préparer ses porte-parole
Envoyer un dirigeant en entrevue sans préparation est un risque considérable. Le porte-parole doit connaître ses 3 messages clés, avoir anticipé les questions difficiles et maîtriser les techniques de l'entrevue. Le média training n'est pas un luxe — c'est une assurance.
Communiquer uniquement en temps de crise
Les organisations qui ne contactent les médias que quand elles ont un problème partent avec un déficit de crédibilité. Les relations médias se construisent dans le calme — pas dans la tempête. Diffusez régulièrement des nouvelles positives pour que votre prochaine communication ne soit pas perçue comme du damage control.